Liban 2006     26 Jullet 2006     Bint Jbeil .

Liban 2006.

Chronique du Conflit .

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Liban 2006.
Bint Jbeil .
Bint Jbeil, une déroute qui fera date.
26.07.2006

Résumé :


Bint Jbeil  est un gros bourg de 30.000 habitants situé au sommet d'une haute colline ,à deux pas de la frontière israélienne .
La bataille de Bint Jbeil se déroule du 26 au 28 juillet 2006 .
Elle oppose la 51° brigade des Golani aux combattants Hezbollah .
Les israéliens tombent dans une embuscade .
L'aviation israélienne appelée en appui tire sur ses propres troupes et fait 5 blessés supplémentaires.
Les israéliens évacueront leurs blessés de la ville au prix de sérieuses pertes .
Une fois la ville évacuée par les forces israéliennes,elle sera rasée par l'artillerie et l'aviation.
Après la destruction quasi complète de la ville,les israéliens reviendront à la charge et occuperont les ruines .
Cette occupation ne sera cependant jamais complète car des poches de résistance vont tenir jusqu'au retrait israélien définitif .

La bourgade symbolique de Bint Jbeil 

  • La bourgade, dont il ne reste plus que des ruines fumantes, avait abrité, de 1978 à mai 2000, le quartier général de Tsahal au Sud-Liban.
  • Hassan Nasrallah était venu y prononcer son discours de victoire au lendemain du retrait des forces de l’État hébreu en 2000 ,
  • Le Hezbollah, y avait installé un centre de commandement.

L'attaque :

Les israéliens décident d’attaquer de nuit, pour profiter de l’avantage que leur conféraient leurs équipements de visée nocturne.
L'attaque est précédée par d'intenses bombardement .

L'attaque a lieu en force : 2 brigades de blindés et un appui par des hélicoptères Apaches .
Le 26 (juillet 2006) , vers 4 heures du matin, les compagnies A et C du bataillon Golani entrent dans les faubourgs de la ville, apparemment déserts.
La chaussée trop étroite ne permet pas à leurs chars Merkava de les escorter.
La colonne d'infanterie tombe dans une embuscade.

Plusieurs soldats sont tués,plusieurs autres seront blessés .
Les soldats se replient dans des maisons et s’organisent pour tenir un siège.
Faute d'appui médical,4 blessés décèdent au milieu de leurs camarades.
Les vivres manquent rapidement ; la brigade avait seulement de quoi tenir douze heures.

Ce n’est qu’au bout de deux jours d’intenses combats terrestres impliquant en particulier des corps à corps,et de pilonnages par l'artillerie et l'aviation, que les Israéliens parviennent à se dégager et à battre en retraite dans les faubourgs, deux kilomètres plus bas.
La zone des faubourgs est suffisamment dégagée pour que les hélicoptères puissent atterrir et emporter blessés et tués.
Cette évacuation se fait sous les tirs et se déroule non sans risque .

Le syndrome du Vietnam :

À leur retour, les rescapés parlent d’une « mission-suicide » et évoquent des scènes dignes de Platoon. La comparaison avec la guerre du Vietnam et le harcèlement incessant des GI’s par les combattants du Vietcong, présumés plus faibles, mais plus mobiles, et, surtout, parfaitement à l’aise sur un terrain familier, n’est pas fortuite. Comme les Américains en 1968, pendant l’offensive du Têt, les Israéliens ont été surpris.

Les israéliens révisent leurs plans "à la baisse" ....

L’état-major israélien le reconnaît maintenant, l’objectif initial - la destruction du Hezbollah comme force militaire - ne sera sans doute pas atteint. L’ennemi est coriace, et on sait finalement peu de chose sur lui car ses services secrets sont impossibles à infiltrer.

Vu qu'il ne pourra pas l'exterminer,Israël va tenter de lui infliger le plus de dommages possibles et tout faire pour redorer un blason terni par sa peu glorieuse retraite de la ville frontalière. ( Ce qui explique sans doute la spectaculaire et audacieuse opération commando aéroportée menée à Baalbek dans la nuit du 1er au 2 août, et qui a abouti à l’enlèvement de six Libanais,et qui sera un autre échec ...) .


Bint Jbeil vu par les arabes :

Pour les opinions arabes, mortifiées par les terribles images des destructions provoquées par les bombardements aveugles sur l'ensemble du Liban, le fait d’armes de Bint Jbeil constitue un des rares motifs de réconfort.

Pour le Hezbollah, dont l’aura, au Liban comme à l’étranger, ne cesse de grandir, c’est un succès éclatant qui galvanisera ses combattants.


Bilan des pertes israéliennes :

  • 13 morts
  • 30 blessés
  • Un char Merkava
  • 1 hélicoptère Apache .

La reconstruction :

L'état libanais a versé plusieurs millions de $ au Hezbollah,à charge pour lui de le répartir parmi les victimes .
Hassan Nasrallah, a promis que chaque Libanais dont la maison avait été détruite, recevrait 12 000$ US «pour passer l’hiver».

Mais tout cet argent ne réglait pas le problème de la reconstruction,car les victimes sont dans un tel dénuement qu'elles n'utilisent pas cet argent pour reconstruire,mais bien pour parer au plus pressé : acheter de quoi manger,s'habiller,se loger .

D'autres aides parviennent pour la reconstruction de Bint Jbeil ; le Qatar, par exemple, s’est engagé à reconstruire Bint Jbeil, mais la construction s’est faite n’importe comment, au jour le jour, avec des matériaux de mauvaise qualité.


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